{"id":57434,"date":"2023-03-07T17:31:21","date_gmt":"2023-03-07T15:31:21","guid":{"rendered":"http:\/\/womin.africa\/ugandan-women-fight-for-the-right-to-say-no\/"},"modified":"2025-06-12T14:03:22","modified_gmt":"2025-06-12T12:03:22","slug":"les-femmes-ougandaises-se-battent-pour-avoir-le-droit-de-dire-non","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/womin.africa\/fr\/ugandan-women-fight-for-the-right-to-say-no\/","title":{"rendered":"Les femmes ougandaises se battent pour le droit de dire NON !"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque le terrain de Judith Beroirwoth a \u00e9t\u00e9 acquis de force pour la construction de conduites d'\u00e9coulement destin\u00e9es \u00e0 transporter du p\u00e9trole brut et de l'eau vers l'unit\u00e9 centrale de traitement du p\u00e9trole \u00e0 Buliisa, en Ouganda, elle a \u00e9t\u00e9 contrainte de cosigner des formulaires de consentement avec la signature de son mari, bien qu'elle soit l'unique propri\u00e9taire du terrain.<\/p>\n<p>Beroirwoth a d\u00e9clar\u00e9 : \"J'ai achet\u00e9 ma terre et je l'ai enregistr\u00e9e \u00e0 mon nom, personne d'autre n'a de droits sur elle. J'ai demand\u00e9 \u00e0 Total E&amp;P Ouganda de signer ma compensation sans mon mari. Ils ont accept\u00e9. Culturellement, les femmes n'ont pratiquement aucun droit sur la terre, et j'ai donc \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme une utilisatrice de la terre et non comme une propri\u00e9taire. \u00c0 la suite de ce diff\u00e9rend, Beroirwoth a cr\u00e9\u00e9 le groupe de femmes Tufanye Pamoja, qui donne aux femmes les moyens de surmonter les normes patriarcales et les intimidations de leurs partenaires, de l'\u00c9tat et des compagnies p\u00e9troli\u00e8res et gazi\u00e8res.<\/p>\n<p>En 2006, l'Ouganda a d\u00e9couvert une quantit\u00e9 de p\u00e9trole estim\u00e9e \u00e0 6,5 milliards de barils dans la r\u00e9gion d'Albertine Graben. Depuis lors, les d\u00e9veloppements p\u00e9troliers <a style=\"color: #000000;\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=MAHLhEqBI0c\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ont vol\u00e9<\/a> Les projets de d\u00e9veloppement soutenus par le gouvernement ont \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9s par la d\u00e9gradation des terres, les d\u00e9placements, les faibles taux d'indemnisation, les migrations forc\u00e9es et l'augmentation de la pr\u00e9sence militaire. Les projets de d\u00e9veloppement soutenus par le gouvernement ont \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9s par la d\u00e9gradation des terres, les d\u00e9placements, les faibles taux d'indemnisation, les migrations forc\u00e9es et une pr\u00e9sence militaire accrue.<\/p>\n<p>L'extractivisme en cours dans les pays d'Afrique de l'Est et sur l'ensemble du continent a eu des cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses sur les femmes, dont beaucoup sont expuls\u00e9es de force et d\u00e9plac\u00e9es des terres sur lesquelles elles travaillent, qu'elles habitent et qu'elles poss\u00e8dent, g\u00e9n\u00e9ralement sans compensation appropri\u00e9e. Malgr\u00e9 la reconnaissance de l <a style=\"color: #000000;\" href=\"https:\/\/womin.africa\/fr\/dossier-dinformation-sur-le-droit-de-dire-non\/\">Consentement libre, pr\u00e9alable et \u00e9clair\u00e9<\/a> Les gouvernements et les entreprises transnationales ne tiennent souvent pas compte du principe du consentement libre et \u00e9clair\u00e9 (FPIC) \u00e9tabli par les gouvernements et les organismes r\u00e9gionaux, qui permet aux individus et aux communaut\u00e9s de refuser de donner leur consentement.<\/p>\n<p><strong>Confrontation du patriarcat et du droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>Buliisa est une soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s patriarcale o\u00f9 les femmes n'ont pratiquement pas le droit de poss\u00e9der des terres. Cette in\u00e9galit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9e par la pr\u00e9sence des activit\u00e9s des compagnies p\u00e9troli\u00e8res et gazi\u00e8res transnationales dans le Graben Albertine. L'influence des grandes entreprises et des gouvernements, les titres de propri\u00e9t\u00e9 contest\u00e9s et un m\u00e9lange de lois formelles et informelles, combin\u00e9s \u00e0 un patriarcat bien ancr\u00e9, exploitent encore davantage les droits des femmes. Les femmes sont donc vuln\u00e9rables et invisibilis\u00e9es, car elles n'ont gu\u00e8re leur mot \u00e0 dire sur l'utilisation, l'appropriation et la vente de leurs terres, ce qui les expose \u00e0 un risque \u00e9lev\u00e9 d'abus, d'incertitude \u00e9conomique et de sans-abrisme.<\/p>\n<p>Ces conflits fonciers et ces d\u00e9veloppements ont entra\u00een\u00e9 des formes sp\u00e9cifiques de violence \u00e0 l'encontre des femmes, allant de l'intimidation pour vendre leurs terres \u00e0 la menace de violence sexuelle par les travailleurs des raffineries de p\u00e9trole nouvellement d\u00e9velopp\u00e9es. En outre, les accaparements fr\u00e9quents de terres ont emp\u00each\u00e9 de nombreuses femmes rurales, souvent charg\u00e9es de nourrir leur famille et de tirer leur subsistance de l'agriculture \u00e0 petite \u00e9chelle, de contribuer \u00e0 la subsistance du m\u00e9nage.<\/p>\n<p><strong>Renforcer la r\u00e9sistance \u00e0 un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement destructeur<\/strong><\/p>\n<p>Le WoMin collabore avec les organisations locales de d\u00e9fense des droits des femmes pour renforcer la r\u00e9sistance aux projets d'extraction sur la base du droit de dire NON. Dans toute l'Afrique de l'Est, les femmes m\u00e8nent ce combat et disent NON au mod\u00e8le capitaliste de d\u00e9veloppement et OUI \u00e0 l'\u00e9cof\u00e9minisme et aux alternatives de d\u00e9veloppement. Elles construisent des alternatives de vie \u00e0 travers la protection et la garde de leurs ressources naturelles, de leur environnement et de leurs communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Au Kenya, les femmes s'unissent pour d\u00e9fier le gouvernement. <a style=\"color: #000000;\" href=\"https:\/\/www.savelamu.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sauver Lamu<\/a>En Tanzanie, une large coalition de plus de 40 organisations communautaires, de femmes, de jeunes et de d\u00e9fenseurs de l'environnement s'oppose \u00e0 la construction d'une usine de charbon et d'un port qui perturberait leur vie et leurs moyens de subsistance et porterait atteinte \u00e0 leurs terres. En Tanzanie, les femmes disent OUI aux actions collectives pour exiger l'\u00e9galit\u00e9 des chances et d\u00e9fendre leurs droits par l'interm\u00e9diaire de l'association des femmes mineurs de Mgusu, l'un des groupes de mineurs du pays.<\/p>\n<p>En Ouganda, des femmes comme Beroirwoth construisent la solidarit\u00e9 et m\u00e8nent la d\u00e9fense de leurs terres et de l'environnement malgr\u00e9 les menaces et les intimidations et face \u00e0 la pression croissante des industries extractives. Elles rejoignent des associations fonci\u00e8res communales pour obtenir des titres de propri\u00e9t\u00e9, \u00e9l\u00e8vent des abeilles et fabriquent des briquettes de charbon de bois pour la cuisine. Les femmes sont solidaires pour renforcer leur pouvoir, leur savoir collectif et \u00e9laborer des strat\u00e9gies qui r\u00e9pondent \u00e0 la mainmise des entreprises.<\/p>\n<p>En cette Journ\u00e9e internationale de la femme, nous c\u00e9l\u00e9brons la force des femmes africaines et leur r\u00e9sistance au patriarcat, \u00e0 la mainmise des entreprises et aux mod\u00e8les de d\u00e9veloppement destructeurs, afin de construire un avenir qui soutienne le pouvoir et l'action des femmes, non seulement en Afrique, mais dans le monde entier.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque le terrain de Judith Beroirwoth a \u00e9t\u00e9 acquis de force pour la construction de conduites d'\u00e9coulement destin\u00e9es \u00e0 transporter du p\u00e9trole brut et de l'eau vers l'unit\u00e9 centrale de traitement du p\u00e9trole \u00e0 Buliisa, en Ouganda, elle a \u00e9t\u00e9 contrainte de cosigner des formulaires de consentement avec la signature de son mari, bien qu'elle soit l'unique propri\u00e9taire du terrain. Lire la suite...<\/p>","protected":false},"author":6,"featured_media":59351,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[160,153],"tags":[24],"ppma_author":[218],"class_list":["post-57434","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-right-to-say-no","category-latest-news-media","tag-women-building-power"],"authors":[{"term_id":218,"user_id":6,"is_guest":0,"slug":"sostine","display_name":"Sostine Namanya","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/3e3e2c7957c8d2b1624d92b86a0bb6fc3ab37a6d0b010a502d9b42ef5fe5c40f?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","first_name":"Sostine","last_name":"Namanya","user_url":"","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57434","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=57434"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57434\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":59352,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57434\/revisions\/59352"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/59351"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=57434"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=57434"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=57434"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=57434"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}