{"id":57286,"date":"2021-05-05T07:33:01","date_gmt":"2021-05-05T05:33:01","guid":{"rendered":"http:\/\/womin.africa\/the-value-of-womens-labour-and-resistance\/"},"modified":"2025-06-26T16:42:39","modified_gmt":"2025-06-26T14:42:39","slug":"la-valeur-du-travail-et-de-la-resistance-des-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/womin.africa\/fr\/the-value-of-womens-labour-and-resistance\/","title":{"rendered":"La valeur du travail et de la r\u00e9sistance des femmes"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors que le 1er mai ou Journ\u00e9e internationale des travailleurs est largement c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par les syndicats, les gouvernements nationaux et les organisations locales et internationales, la pand\u00e9mie de COVID-19 a mis en lumi\u00e8re les luttes communes de la classe ouvri\u00e8re \u00e0 travers le monde.  Face \u00e0 l'oppression syst\u00e9matique et \u00e0 une \u00e9conomie capitaliste n\u00e9olib\u00e9rale qui profite \u00e0 quelques-uns sur l'autel de l'oppression de millions de personnes en qu\u00eate d'une existence \u00e9l\u00e9mentaire chaque jour, et qui d\u00e9truit l'\u00e9cosyst\u00e8me, le travail des femmes, leur corps, leur terre et leur environnement sont au c\u0153ur des pr\u00e9occupations. Le travail, le corps, la terre et les ressources naturelles des femmes sont exploit\u00e9s \u00e0 un rythme accru au profit des entreprises d'extraction et d'une \u00e9lite dirigeante minoritaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd'hui, en Afrique, l'impact des fermetures et des restrictions li\u00e9es au COVID-19 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9vastateur dans le secteur du travail formel : on estime que 4,5 millions d'emplois auront \u00e9t\u00e9 perdus dans la r\u00e9gion Afrique en 2020. Et ce, malgr\u00e9 le fait que la majorit\u00e9 de la main-d'\u0153uvre africaine travaille dans l'\u00e9conomie informelle, puisque plus de 80% de l'Afrique subsaharienne tire ses moyens de subsistance du travail informel. La majorit\u00e9 de ces travailleurs informels sont des femmes et des jeunes, puisque sur cinq travailleurs informels, quatre sont des femmes. Cette pr\u00e9carit\u00e9 du travail est attribu\u00e9e au mod\u00e8le n\u00e9ocolonial des \u00e9conomies africaines, qui s'appuient largement sur l'extraction mini\u00e8re et l'agriculture comme principales sources de revenus. Ainsi, les questions relatives au d\u00e9veloppement durable et inclusif sont rel\u00e9gu\u00e9es au second plan par rapport aux questions de croissance \u00e9conomique par le biais de la financiarisation de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le corps des femmes comme lieu de travail gratuit<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'impact de cette financiarisation est \u00e9vident dans la lutte pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire men\u00e9e par les femmes paysannes, car la financiarisation de l'alimentation et de l'agriculture expose les petits agriculteurs \u00e0 une forte volatilit\u00e9 des prix, encourage l'utilisation de semences g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es et de pesticides, et entra\u00eene le d\u00e9placement de communaut\u00e9s au profit de l'agriculture industrielle. Cette situation r\u00e9v\u00e8le que la terre n'a tout simplement pas la capacit\u00e9 de supporter le mod\u00e8le d'accumulation sans fin du capitalisme qui, depuis des si\u00e8cles, opprime les femmes, en particulier par l'exploitation de leur corps en tant que lieu de travail gratuit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les femmes de leurs communaut\u00e9s continuent d'\u00eatre confront\u00e9es \u00e0 des crises multiformes de faim, de violence et d'extr\u00eame pauvret\u00e9, alors que le travail de soins qu'elles accomplissent quotidiennement est sous-\u00e9valu\u00e9, voire pas du tout valoris\u00e9. Les femmes africaines sont <a href=\"https:\/\/www.ilo.org\/africa\/media-centre\/pr\/WCMS_633460\/lang--en\/index.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">estim\u00e9e<\/a> Les femmes repr\u00e9sentent 76,2 % du travail de soins non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 de la r\u00e9gion. Le poids injuste du travail de soins sur les femmes est \u00e9vident puisque 85% des femmes employ\u00e9es formellement dans la r\u00e9gion ont encore des responsabilit\u00e9s de soins non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Historiquement, la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e a eu pour fonction d'objectiver les femmes en tant que propri\u00e9t\u00e9 des hommes et d'asservir la capacit\u00e9 de reproduction des femmes au syst\u00e8me \u00e9conomique, tout cela alors que le capitalisme continue d'augmenter sa capacit\u00e9 de production au co\u00fbt le plus bas possible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien que certains droits des femmes aient progress\u00e9 dans les relations de travail, la majorit\u00e9 des femmes des pays du Sud sont toujours marginalis\u00e9es dans ce cadre et continuent d'effectuer un travail gratuit et invisible. Cette exploitation \u00e0 grande \u00e9chelle du travail des femmes s'accompagne d'une destruction rapide de la nature et des ressources naturelles.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><br>Rendre visible le travail invisible des femmes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les dialogues panafricains du WoMin sur les industries extractives mettent en \u00e9vidence le fait que la pand\u00e9mie a r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant certains des progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s par les communaut\u00e9s. Les communaut\u00e9s restent en premi\u00e8re ligne pour r\u00e9sister aux effets destructeurs des activit\u00e9s extractives \u00e0 grande \u00e9chelle. Au Cameroun, le R\u00e9seau des Acteurs du D\u00e9veloppement Durable (RADD), l'un des partenaires du WoMin, a mis en lumi\u00e8re les conditions difficiles exacerb\u00e9es par la pand\u00e9mie qui affectent les femmes vivant \u00e0 proximit\u00e9 des plantations agro-industrielles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les restrictions de circulation ont r\u00e9duit leurs moyens de subsistance, tandis que les communaut\u00e9s ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es \u00e0 des violences physiques et psychologiques. De nombreuses femmes ont \u00e9t\u00e9 victimes de violences sexuelles et de viols pour avoir p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans les plantations industrielles et ramass\u00e9 les noix tomb\u00e9es apr\u00e8s la coupe. Une grande partie de ces terres est accapar\u00e9e par des soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es. Plus r\u00e9cemment, dans les <a href=\"https:\/\/www.aljazeera.com\/economy\/2021\/4\/22\/namibia-indigenous-leaders-want-big-oil-out-of-kavango-basin\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Delta de l'Okavango<\/a> en Namibie, ReconAfrica, une soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e au Canada, a entam\u00e9 des travaux d'exploration p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re en d\u00e9pit du fait qu'il s'agit d'un site class\u00e9 au patrimoine mondial, et sans le consentement des communaut\u00e9s locales<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par cons\u00e9quent, les priorit\u00e9s de notre travail continuent d'\u00eatre l'exploration et la mise en \u00e9vidence des alternatives existantes au d\u00e9veloppement, et de rendre visible le travail des femmes auquel aucune valeur \u00e9conomique n'est attribu\u00e9e dans le syst\u00e8me capitaliste actuel. Et ce, bien que le travail de soins des femmes soit \u00e0 la base de tout syst\u00e8me \u00e9conomique. Les efforts de redressement sinc\u00e8res et efficaces doivent reconna\u00eetre les communaut\u00e9s les plus touch\u00e9es par la pand\u00e9mie actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les femmes de la r\u00e9gion africaine et du monde entier continuent d'\u00eatre exploit\u00e9es par le capitalisme et ses valeurs et cultures dominantes. Il est donc imp\u00e9ratif que nous continuions \u00e0 nous organiser contre la destruction de l'imp\u00e9rialisme dans toute la r\u00e9gion et que nous construisions une solidarit\u00e9 au-del\u00e0 des fronti\u00e8res nationales avec les paysannes et les femmes de la classe ouvri\u00e8re sur le continent et au-del\u00e0.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que le 1er mai ou Journ\u00e9e internationale des travailleurs est largement c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par les syndicats, les gouvernements et les organisations locales et internationales, la pand\u00e9mie de COVID-19 a mis en lumi\u00e8re les luttes communes de la classe ouvri\u00e8re \u00e0 travers le monde.<\/p>","protected":false},"author":7,"featured_media":57287,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[153,150,163,156],"tags":[149,35,36,37,193],"ppma_author":[213],"class_list":["post-57286","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latest-news-media","category-blog","category-debt-reparations","category-development-alternatives","tag-debt-and-reparations","tag-development-alternatives","tag-invisible-care-work","tag-labour","tag-resistance"],"authors":[{"term_id":213,"user_id":7,"is_guest":0,"slug":"boipelo","display_name":"Boipelo Bonokwane","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/6a19462388ac60bf0be840fd85303883185ee9ebb7c1e1330bc82be614d3ae12?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","first_name":"Boipelo","last_name":"Bonokwane","user_url":"","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57286","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=57286"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57286\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":59805,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57286\/revisions\/59805"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/57287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=57286"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=57286"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=57286"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=57286"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}