{"id":57263,"date":"2020-09-29T07:15:36","date_gmt":"2020-09-29T05:15:36","guid":{"rendered":"http:\/\/womin.africa\/a-cry-for-water-women-across-south-africa-demand-their-right-to-water-life\/"},"modified":"2025-06-26T14:59:48","modified_gmt":"2025-06-26T12:59:48","slug":"un-cri-pour-leau-les-femmes-dafrique-du-sud-revendiquent-leur-droit-a-leau-la-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/womin.africa\/fr\/a-cry-for-water-women-across-south-africa-demand-their-right-to-water-life\/","title":{"rendered":"Un cri pour l'eau - Des femmes d'Afrique du Sud revendiquent leur droit \u00e0 l'eau et \u00e0 la vie"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">O\u00f9 sont les voix des femmes noires de la classe ouvri\u00e8re et des zones rurales dans l'histoire plus large du COVID-19 en Afrique du Sud ? C'est une question que je me pose tous les jours en lisant les journaux, en \u00e9coutant et en regardant les reportages apparemment interminables \u00e0 la radio et \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Ces derniers jours, j'ai t\u00e9l\u00e9phon\u00e9, \u00e9chang\u00e9 des messages via WhatsApp et SMS avec des femmes de Newcastle \u00e0 Somkhele en passant par Lephalale, et je suis frapp\u00e9e de constater que les histoires qu'elles racontent sur ce \u00e0 quoi elles sont confront\u00e9es au cours de cette pand\u00e9mie sont toujours les m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'eau est l'une des questions les plus br\u00fblantes. Tous les messages d'int\u00e9r\u00eat public concernant le COVID-19 soulignent l'importance cruciale du lavage des mains et de l'hygi\u00e8ne en g\u00e9n\u00e9ral. Mais comment cela est-il possible dans un contexte o\u00f9, pour des millions de personnes, les robinets sont \u00e0 sec, les rivi\u00e8res s'ass\u00e8chent en raison de la s\u00e9cheresse, ou ont \u00e9t\u00e9 pollu\u00e9es ou d\u00e9tourn\u00e9es au profit d'une mine de charbon ou de centrales \u00e9lectriques au charbon situ\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Que disent les femmes d'Afrique du Sud \u00e0 propos de l'eau ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\"Nous devons marcher deux kilom\u00e8tres pour aller chercher de l'eau propre et ce n'est pas s\u00fbr. Le ruisseau se trouve au milieu de la jungle, nous avons peur d'\u00eatre attaqu\u00e9s par des serpents et les femmes courent un grand risque d'\u00eatre harcel\u00e9es, nous n'avons pas d'autre choix que de marcher aussi loin, nous avons peur de tomber malades. Nous aimerions que notre gouvernement nous entende. - <strong>Mama Medical Nziba, activiste, Somkhele, KwaZulu-Natal<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\"Nous craignons que si le COVID-19 peut p\u00e9n\u00e9trer dans la r\u00e9gion, ceux qui sont riches et fortun\u00e9s survivront et auront un impact d\u00e9vastateur sur nous. Il s'agit d'une grave violation de nos droits humains, personne ne devrait \u00eatre priv\u00e9 d'eau ou de vie. Le gouvernement permet aux compagnies mini\u00e8res d'op\u00e9rer et d'acc\u00e9der \u00e0 l'eau pour le profit. Je me demande si l'eau est vraiment un droit de l'homme, pourquoi nous ne l'avons pas ? Si le corona tue, j'ai peur que les membres de ma communaut\u00e9 soient facilement infect\u00e9s, car rester \u00e0 la maison est une restriction qui ne peut pas \u00eatre respect\u00e9e de mani\u00e8re r\u00e9aliste. - <strong>Yvonne Sampear, activiste, Phola-Ogies, Mpumalanga<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\"Je suis malade et vieux, vivre dans une cabane sans eau est difficile pour moi. Je n'ai personne qui puisse m'aider \u00e0 collecter l'eau. Je ne peux remplir qu'un seul seau d'eau par jour, et quand il pleut et qu'il fait froid, c'est encore pire pour moi. Mon corps me fait souffrir, je n'ai pas de force, mais parfois je dois le faire pour survivre. Le pire, c'est que les municipalit\u00e9s d\u00e9cident qui doit avoir de l'eau et, en tant que pauvres, nous sommes exclus. Je paie le prix de la pauvret\u00e9. J'en ressens les effets sur mon c\u0153ur et sur mon vieux corps malade\". - <strong>Gogo Emma, Phola-Ogies, Mpumalanga<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\"Il y a une lutte silencieuse entre les pauvres et les riches \u00e0 propos de ce qu'on appelle l'eau. Notre d\u00e9sespoir d'avoir acc\u00e8s \u00e0 l'eau est invisible aux yeux de nos dirigeants. Nous sommes consid\u00e9r\u00e9s comme acquis depuis de nombreuses ann\u00e9es. \u00c0 Bambanani, l'eau n'est pas accessible pour l'eau, nous avions l'habitude d'obtenir de l'eau \u00e0 partir du trou de forage qui ne fonctionne plus. Nous devons maintenant acheter de l'eau pour boire ou louer des voitures pour aller chercher l'eau en ville avec les seaux. Rien n'indique que des r\u00e9servoirs d'eau seront fournis \u00e0 la population, comme l'a annonc\u00e9 le minist\u00e8re. Nous sommes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. - <strong>Nelly Nkosi, Ermelo, Mpumalanga<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9alit\u00e9 en Afrique du Sud (et dans la r\u00e9gion) est que de nombreux m\u00e9nages n'ont pas un acc\u00e8s ad\u00e9quat \u00e0 l'eau et \u00e0 l'\u00e9nergie. Dans l'ensemble, ce sont les femmes qui assument la responsabilit\u00e9 de l'approvisionnement en eau. Nos recherches ont montr\u00e9 que la majorit\u00e9 des femmes dans les communaut\u00e9s passent jusqu'\u00e0 huit heures par jour \u00e0 aller chercher de l'eau pour leur foyer. Elles sont oblig\u00e9es de quitter leur maison sans protection et mettent leur vie en danger. Le gouvernement sud-africain a effectivement annonc\u00e9 certaines mesures \u00e0 prendre, mais ces mesures sont aveugles lorsqu'il s'agit d'analyser les cons\u00e9quences n\u00e9gatives de la pand\u00e9mie sur les luttes quotidiennes des femmes. Avec la fermeture soudaine, les femmes se retrouvent isol\u00e9es, seules et vuln\u00e9rables. Pratiquement aucune.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La crise de l'eau \u00e0 Somkhele n'est qu'une histoire parmi d'autres dans une anthologie de r\u00e9cits...<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Somkhele, au KwaZulu-Natal, est l'une des villes o\u00f9 la crise de l'eau a frapp\u00e9 le plus durement. Depuis 15 ans, les femmes de Somkhele n'ont pas d'eau dans leur municipalit\u00e9. Pour elles, la principale pr\u00e9occupation est de ne pas pouvoir pratiquer la distanciation sociale et rester \u00e0 la maison comme elles en ont re\u00e7u l'ordre. En 2016-2017, elles ont men\u00e9 une recherche-action participative pour comprendre comment la mine de Tendele, situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9, a eu un impact sur leur acc\u00e8s \u00e0 l'eau et \u00e0 la nourriture.\u00a0<a href=\"https:\/\/womin.africa\/fr\/plus-de-rapport-sur-une-vie-qui-vaut-la-peine-detre-vecue\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ont pr\u00e9sent\u00e9 leurs conclusions au gouvernement local<\/a>\u00a0o\u00f9 on leur avait promis de l'action. Pourtant, ils n'en ont toujours pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour en savoir plus sur la communaut\u00e9 Somkhele et l'organisation autour de l'eau, voir&nbsp;<a class=\"rank-math-link\" href=\"https:\/\/womin.africa\/fr\/communique-de-presse-c19-solidarite-feminine\/\">La crise de l'eau \u00e0 l'heure de la crise du COVID-19<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2019, environ 29 femmes ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es \u00e0 Somkhele pour avoir organis\u00e9 une manifestation contre l'approvisionnement en eau. Elles ont \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9es en prison pendant neuf jours pour avoir endommag\u00e9 la route et les propri\u00e9t\u00e9s de la municipalit\u00e9. Les femmes se sont organis\u00e9es pour faire avancer le dossier en organisant une manifestation, car les discussions avec les dirigeants locaux n'ont donn\u00e9 aucun r\u00e9sultat. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s leur lib\u00e9ration, les conseillers municipaux se sont empress\u00e9s de s'adresser \u00e0 elles et leur ont promis l'acc\u00e8s \u00e0 l'eau. Mais elles estiment qu'il s'agit l\u00e0 encore d'une promesse vide de sens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ministre des \u00e9tablissements humains, de l'eau et de l'assainissement Lindiwe Sisulu a&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.gov.za\/speeches\/minister-lindiwe-sisulu-directs-officials-increase-pace-provision-water-during-coronavirus\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">a promis d'augmenter la fourniture d'eau<\/a>&nbsp;Les femmes de Somkhele n'ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d'aucun avantage de cette annonce. Les femmes de Somkhele n'ont pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette annonce et craignent que le virus, s'il atteignait leur r\u00e9gion, y trouve un terrain fertile pour se propager.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Phola, dans la province de Mpumalanga - un&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.iol.co.za\/news\/politics\/mpumalanga-coal-fired-power-stations-top-source-of-nitrogen-dioxide-pollution-study-20024943\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">province qui abrite 12 centrales \u00e9lectriques au charbon et qui conna\u00eet la pire pollution au dioxyde d'azote au monde<\/a>&nbsp;- le fardeau de l'approvisionnement en eau potable repose \u00e9galement sur les femmes. L'acc\u00e8s \u00e0 l'eau pour les soins et l'assainissement est insuffisant. Les coupures d'eau fr\u00e9quentes obligent les femmes \u00e0 s'approvisionner aux robinets communaux. Dans chaque foyer, les femmes s'efforcent de disposer de 20 seaux d'eau pour cuisiner, boire, se baigner, se laver et satisfaire d'autres besoins quotidiens. Ce fardeau quotidien est lourd pour les femmes et les jeunes filles, d'autant plus qu'elles doivent faire attention lorsqu'elles utilisent les sources d'eau communales, afin de prot\u00e9ger leur propre sant\u00e9 : \"Le manque d'eau dans notre communaut\u00e9 rurale est un d\u00e9savantage, il met nos vies en grand danger, et nous n'avons m\u00eame pas les moyens d'acheter des d\u00e9sinfectants\".<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le coronavirus peut \u00eatre mortel, en particulier pour les personnes \u00e2g\u00e9es et les personnes souffrant d'autres probl\u00e8mes de sant\u00e9 en Afrique du Sud. Les personnes vivant \u00e0 proximit\u00e9 des mines de charbon pollu\u00e9es, des industries p\u00e9trochimiques et des centrales \u00e9lectriques au charbon, telles que Vaal Triangle, Mpumalanga et KwaZulu-Natal, qui souffrent d\u00e9j\u00e0 de maladies telles que l'asthme, les affections respiratoires et la tuberculose, sont d'autant plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Rien pour nous, sans nous<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Manifestation de Somkhele &amp; Fuleni, lancement du rapport FPARLa lutte contre le COVID - 19 ne peut \u00eatre gagn\u00e9e sans les femmes. Bien que dans de nombreux cas, il y ait plus d'hommes que de femmes touch\u00e9s par le virus, les retomb\u00e9es des perturbations sociales et \u00e9conomiques caus\u00e9es par le virus frappent les femmes de plein fouet. Le fardeau des soins non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s va \u00eatre doubl\u00e9 parce que les femmes seront plac\u00e9es en premi\u00e8re ligne pour s'occuper des membres malades de leur famille. Les femmes sont largement responsables de l'entretien des m\u00e9nages et de la fourniture de services de soins \u00e0 domicile au sein de la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pand\u00e9mie a mis en \u00e9vidence le syst\u00e8me capitaliste, qui est corrompu et ne profite qu'\u00e0 quelques individus tout en laissant tomber les communaut\u00e9s pauvres. Le COVID-19 r\u00e9v\u00e8le les nombreuses crises interd\u00e9pendantes qui se d\u00e9roulent actuellement en Afrique du Sud. Crises de l'eau, des soins de sant\u00e9, de l'in\u00e9galit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, des disparit\u00e9s entre les sexes et de la violence, du ch\u00f4mage et de la pauvret\u00e9, de l'impact du changement climatique d\u00fb aux s\u00e9cheresses, de la pr\u00e9paration aux catastrophes dans tout le pays et de la d\u00e9sinformation. Malgr\u00e9 tout, c'est aussi l'occasion de s'attaquer d\u00e8s maintenant \u00e0 ces questions cruciales, en construisant une solidarit\u00e9 et un mouvement dirig\u00e9s par des femmes pour des solutions transformatrices et un monde diff\u00e9rent pour les femmes et pour les communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Par Caroline Ntaopane, WoMin avec la contribution de Lorraine Kakaza<\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>O\u00f9 sont les voix des femmes noires de la classe ouvri\u00e8re et des zones rurales dans l'histoire plus large du COVID-19 en Afrique du Sud ?<\/p>","protected":false},"author":3,"featured_media":57264,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[153,170],"tags":[23,24],"ppma_author":[210],"class_list":["post-57263","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latest-news-media","category-archive","tag-water","tag-women-building-power"],"authors":[{"term_id":210,"user_id":3,"is_guest":0,"slug":"womin-auteur","display_name":"WoMin Author","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8947f2a3dc5a9ec425ab429bce87ab1e2762dc0c745fd88eb0a938fd214ea2bb?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","first_name":"WoMin","last_name":"Author","user_url":"","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57263","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=57263"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57263\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":59775,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57263\/revisions\/59775"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/57264"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=57263"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=57263"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=57263"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/womin.africa\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=57263"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}