Déclaration : Le gouvernement du Liberia doit protéger les femmes contre les concessionnaires

femmes tenant une bannière "Right to Say no" (droit de dire non)

Le gouvernement du Libéria devrait être responsable des violations massives des droits humains, de la pollution des sources d’eau, des terres et des ressources naturelles des communautés autochtones du Libéria.

Monrovia - La Plate-forme des Femmes pour les Ressources Naturelles (NRWP), Green Advocates International (GAI) et Alliance pour la Démocratie Rurale (ARD) en collaboration avec WoMin Alliance Africaine, une alliance écoféministe panafricaine à l’avant-garde de la résistance contre les grands développements qui extraient et exportent la richesse des ressources naturelles de l’Afrique causant la violence, la pollution et la perte de vies et de moyens de subsistance, appellent à une action rapide et urgente pour protéger les femmes et les communautés à travers le Libéria. En particulier, les personnes touchées par Bea Mountain Mining Company dans le comté de Grand Cape Mount, les opérations de Golden Verolum dans le comté de Sinoe, Salala Rubber Corporation dans le comté de Margibi, Société Agricole du Libéria dans le comté de Grand Bassa et Western Cluster dans le comté de Bomi. 

Les femmes de ces cinq comtés du Libéria sont gravement touchées par les opérations des grands concessionnaires à travers l’accaparement des terres, la perte de terres agricoles, la profanation des sites traditionnels et culturels, et la pollution de l’eau, de la terre et d’autres sources de moyens de subsistance. Dans une déclaration commune publiée à la suite d’une récente visite sur le terrain des communautés affectées de la montagne de Bea, en visite avec des organisations partenaires de WoMin de six pays, dont le Cameroun, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry, le Burkina Faso et le Libéria, WoMin et ses partenaires ont écouté les expériences des femmes libériennes des cinq communautés et des participants des pays en visite. Tous ont exprimé leur frustration suite à la souffrance et la pauvreté auxquelles sont confrontées les femmes et les enfants parce que leurs seules sources de subsistance, y compris les terres et les sources d’eau, sont polluées, car il n’y a aucun moyen de cultiver et de faire le jardinage, de pêcher et d’obtenir d’autres sources de nourriture et de l’eau.

Pour les femmes du comté de Sinoe, la terre a été complètement prise par la plantation de palmiers à huile Golden Veroleum, les laissant sans terre pour cultiver ou faire leurs pratiques traditionnelles. Dans la zone de concession de Salala Rubber Plantation dans le comté de Margibi, les femmes sont confrontées à une situation similaire, sans terres agricoles, laissant les villes et les villages sans nulle part où cultiver et jardiner, tandis que la Compagnie Agricole Libérienne dans le comté de Grand Bassa a pris presque toute la terre pour des hévéas. Dans la zone de concession de Bea Mountain, dans le comté de Grand Cape Mount, la situation est encore pire. Les femmes des communautés touchées semblaient très déprimées par le stress de voyager sur de longues distances pour aller chercher de l’eau et de la nourriture pour leurs familles, car la principale source d’eau a été polluée par des produits chimiques.

Après une visite de solidarité sur terrain et de partage d’expérience, les femmes des six pays exigent conjointement une action urgente du gouvernement pour protéger les droits des communautés, en particulier des femmes dans les communautés touchées. Elles ont partagé leurs expériences avec leurs homologues libériens et ont expliqué comment elles ont pu résister aux violations de leurs droits par les entreprises de concession.

D’après leurs témoignages, les habitants des communautés affectées sont privés de toute autre source de subsistance, car ils dépendent de la terre pour l’agriculture, à des fins médicinales, traditionnelles et autres, et de l’eau pour l’agriculture, la boisson, la baignade, la pêche, la culture, la religion, les activités traditionnelles et autres sources de subsistance. Avec les actions de ces concessionnaires pour ravir la terre et causer la pollution de l’eau, les communautés principalement des femmes ont du mal à survivre. Beaucoup de femmes pleuraient amèrement en racontant leur situation aux autres femmes des pays d’Afrique de l’Ouest qui étaient venues se rendre compte de leur souffrance. Les femmes qui s’occupent des soins des autres souffrent et sont les plus touchées, car elles doivent aller chercher de la nourriture et de l’eau pour la famille, ce qui les expose davantage à des abus et à des violations de leurs droits et de leur dignité.

Les femmes libériennes et leurs collègues ouest-africains disent NON contre :

  1. l'accaparement forcé des terres et expulsion des communautés par des concessionnaires dans le but de planter du caoutchouc, des palmiers à huile, de participer à des activités forestières et minières.
  2. la pollution de l’eau et du sol par le rejet de produits chimiques nocifs tels que le mercure, le cyanure, l’arsenic, le fer, le cuivre, le nitrate et le sulfate, entre autres produits chimiques nocifs dans l’environnement.
  3. l'augmentation de la charge de travail pour le travail déjà existant que les femmes effectuent quotidiennement en prenant le peu de temps dont elles disposent pour prendre soin d’elles-mêmes, à la recherche de terres fertiles pour cultiver et à la recherche d’eau sur de longues distances.
  4. la destruction de nos moyens de subsistance comme les rivières, les courants d'eaux et les ruisseaux pour l’agriculture, le jardinage, la boisson, la pêche et d’autres aliments.
  5. l'investissement qui a des répercussions négatives sur la vie des communautés en raison de l’absence de Consentement Libre, Préalable et Eclairé (CLPE) dès le début de l’accord.

Nous disons OUI à/au :

  1. la renégociation des accords des concessions - pour mettre en place des mesures environnementales respectueuses qui protégeront les communautés ainsi que la biodiversité qu’elles ont protégée pendant des décennies.
  2. un moyen de subsistance alternatif pour les communautés, en particulier les femmes, intégré dans la vision claire que les communautés ont pour le développement.
  3. droit aux pratiques culturelles et traditionnelles et à leur mode de vie.
  4. la participation des femmes à toutes les négociations des concessions dès le début.

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