New loss and damage fund announced at COP27

Le nouveau fonds pour les pertes et dommages annoncé à la COP27

Photo : impacts de la sécheresse à Madagascar - Jules Bosco, Salohi, USAID

Le nouveau fonds pour les pertes et dommages annoncé à la COP27 - Un besoin crucial ou une autre promesse vide en période de crise climatique

Il est difficile d'imaginer que Madagascar, l'État insulaire dépeint comme un havre vierge pour toute la nature dans le charmant film d'animation hollywoodien du même nom, puisse subir autant de pertes et de souffrances. La tragédie qui se déroule dans la quatrième plus grande nation insulaire du monde est le résultat d'inondations et de tempêtes cycloniques, de sécheresses et d'incendies de forêt, et de la disparition de centaines d'espèces végétales et animales, ce qui en fait l'un des pays à l'épicentre de la crise climatique. C'est peut-être pour cette raison que les Malgaches ont fait quelques « hourras » modérés à l'annonce de la création d'un fonds pour les pertes et les dommages lors des négociations climatiques de la COP27 qui viennent de s'achever en Égypte.

Relèvement et réparation en temps de crise

Une catastrophe récente est celle du cyclone tropical Batsirai qui a touché terre au début du mois de février. Une autre tempête meurtrière a frappé la région centrale de l'île quelques semaines plus tard. Batsirai a frappé la région sud-est de Madagascar le 5 février, avec des vents de 165 km/h et des rafales de 230 km/h. Dans les premiers temps qui ont suivi, le nombre de personnes déplacées a été estimé à 150 000. Le Programme alimentaire mondial a également estimé que 1,64 million de personnes se trouvaient en situation d'insécurité alimentaire grave à cette époque. Les paysannes ont été les plus durement touchées, car elles ont perdu non seulement leur maison et leurs biens, mais aussi toutes leurs semences et leurs récoltes. Les scientifiques affirment désormais que l'océan Indien, dans lequel se trouve le pays, est l'océan qui se réchauffe le plus rapidement au monde et que c'est ce réchauffement qui crée les conditions nécessaires à l'émergence des cyclones. En effet, trente-huit cyclones auraient frappé le pays entre 2000 et 2020. 

Le sud de Madagascar a également été frappé par la pire sécheresse depuis 40 ans. Le Programme alimentaire mondial estime que plus d'un million de personnes « luttent pour avoir suffisamment à manger, en raison de ce qui pourrait devenir la première famine causée par le changement climatique. » Là encore, les femmes constituent la grande majorité des 91 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté dans cette région et ont été les plus durement touchées.

Être frappé par une crise après l'autre rend le relèvement extrêmement difficile. Si l'on ajoute à cela la pauvreté et l'inégalité qui touchent déjà les gens dans une grande partie du pays, on obtient les conditions d'un état de catastrophe quasi permanent. Pour couronner le tout, le pays fait partie de l'Afrique, le continent qui a le moins contribué à la crise climatique. En fait, les émissions historiques de la région ne représentent qu'environ 3 % du changement climatique. Ils souffrent le plus, tout en causant le moins.

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Photo: aftermath of Cyclone Batsirai, Madagascar – CRAADOI 2022.

Pertes et dommages : une « grande victoire » pour le Sud ou pas vraiment ? 

Dans ces conditions, est-ce que le fonds pour les pertes et dommages, décrit comme une victoire historique aux négociations sur le climat par le Sud, sera-t-il un baume pour les plaies béantes des Malgaches ? Bien qu'il s'agisse d'une étape importante dans la reconnaissance de la responsabilité de ceux qui ont provoqué la crise climatique et qui doivent maintenant en payer les conséquences, il est difficile de ne pas être cynique. Le Fonds pour pertes et dommages est précédé d'autres fonds qui n'ont pas été capitalisés. Le dernier fonds d'espoir, le Fonds vert pour le climat, a vu les pays du Nord accepter d'y injecter 100 milliards de dollars par an. Pourtant, des années plus tard, le fonds n'a récolté qu'une fraction de ce montant. La plupart des fonds sont transférés pour être gérés par des intermédiaires du secteur privé et d'autres institutions financières internationales, et les fonds ne semblent pas parvenir à ceux qui en ont le plus besoin. Le Fonds d'adaptation s'est encore plus mal comporté. Présenté comme un fonds démocratique où les décisions sont prises sur un pied d'égalité par toutes les nations, et qui distribue des subventions plutôt que des prêts, le fonds a été salué comme un succès. Mais plus de 20 ans plus tard, les gouvernements ne font que quelques faibles promesses et contributions au fonds, dont les résultats sont encore à voir alors qu'il continue à boiter.

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Photo : Des activistes réclamant la justice climatique à la COP24 - WoMin.

On peut se demander si un fonds vide de plus est la réponse à ce qui est fondamentalement un problème de volonté politique de s'attaquer d'urgence à la crise. Au lieu de cela, et au milieu de la guerre russo-ukrainienne qui met en péril les ressources énergétiques, l'Europe et d'autres parties du Nord Global se tournent vers l'Afrique et les pays frontaliers comme Madagascar pour répondre à leurs propres besoins en gaz. Il est tragiquement ironique qu'à l'heure des cyclones et des sécheresses provoqués par le changement climatique, le gouvernement malgache envisage même d'exploiter ses réserves de gaz - le gaz étant l'un des principaux facteurs de la crise climatique - pour ce qu'il appelle le « développement ». 

And in its usual style of lack of ambition, the COP27 did not arrive at any decision on the halting or even ‘phasing down’ of fossil fuels like gas to stay within 1.5 degrees of warming. The most that was committed was a suggestion by oil-rich countries particularly in the middle east to not stop digging up the oil but rather to attempt to capture and sequester the carbon created. Put into this context, it appears that the Fund is more of a gesture that promotes the status quo while ensuring countries like Madagascar continue to suffer. A false flash of hope before the dying.   

En fin de compte, c'est au peuple malgache et à d'autres peuples du Sud qui ne se sont pas assis à la table des décisions dans des espaces comme la COP de se lever et de réclamer la justice climatique. La force et le pouvoir se retrouvent dans la résistance unifiée aux combustibles fossiles et aux autres causes de la crise. Il en va de même pour les poursuites engagées à l'encontre des gouvernements du Nord et de leurs entreprises afin de fournir des fonds directs pour les pertes et les dommages et, en fin de compte, de payer la dette climatique qui est due.      

L'heure de la véritable justice climatique a sonné !

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